Visite et explication historique du Château de la Balluère

Le Château de la Balluère se compose d’un corps de bâtiment en pierre, l’une des ailes remontant au XIVème siècle, l’autre étant du XVème siècle, flanquée d’une tour du XVème siècle embrassant une tourelle en encorbellement, cette aile fut construite par Mathurin de Launay en 1470, la famille occupa le Château de la Balluère durant 240 ans. L’un des descendants de Mathurin de Launay entama des travaux pour donner plus de clarté aux pièces du château, le château fut remanié au XVIIIème, agrandissant les ouvertures sur le jardin à la française et sur la cour d’honneur.
Le restaurateur de la Balluère, le marquis Bernard de Launay fut par son malheur gouverneur de la Bastille en 1789 et péri le 14 juillet…

Vers 1710, la Balluère passa entre les mains de la famille de Lamboul qui la conserva jusque vers 1850 après une interruption durant la révolution. Ce château fut la propriété de la famille de La Taille jusqu'aux années 60, qui fut revendu à Mr et Mme Martin. Mr Martin y vécut jusqu’en 2005, désormais le nouveau châtelain est celui qui vous fait la visite.

La partie la plus ancienne tenant lieu à l’origine de « maison forte » devint à l’époque féodale une véritable forteresse, avec ses murs de 1,80 m d’épaisseur (vous verrez par la suite la cuisine du château, sa cheminée du XIVème siècle, son ancienne rôtisserie.), ses douves (les restes des douves peuvent être aperçus en contre bas de la première terrasse et dans le pignon des communs du château) et ses oubliettes (les oubliettes du château ont été aménagées par l’ancien propriétaire, Mr Martin. Tous ces éléments moyenâgeux jouèrent un rôle important durant la guerre de succession de Bretagne et la guerre de Cent Ans. Bertrand du Guesclin y tint garnison en 1361, défendant ce lieu avec acharnement contre Jean de Montfort, duc de Bretagne, qui avait fait alliance avec le roi d’Angleterre.

Bertrand du Guesclin se fit connaître en 1357 en participant à la défense de Rennes assiégée par jean de Gand, duc de Lancastre. Eléastre de Marès adouba  Bertrand du Guesclin chevalier au Château de Montmuran dans les Iffs et le nomme capitaine de Pontorson et du Mont-Saint-Michel. Il commença à signaler sa bravoure dans les guerres que se livraient Charles de Blois et Jean de Montfort pour l’héritage du duché de Bretagne, Bertrand du Guesclin soutint le premier.

En 1370, revenant de la Montiel, il est fait connétable par Charles V.

On dit également que s’en revenant de la Bataille de Pontvallain, se trouvant à proximité de la Balluère, Bertrand du Guesclin fut reçu en 1370 par Jean du Fou, seigneur de Pirmil et exécuteur testamentaire d’Anne de Bretagne.

En 1380 ; il combat contre les grandes compagnies en Auvergne, Bertrand du Guesclin met le siège devant Châteauneuf le Randon, le héros  mourut durant cet intervalle le 13 juillet 1380 ; Bertrand du Guesclin avait souhaité que son corps soit rapporté en Bretagne, la route fut longue et très chaude, on décida de l’embaumer. En l’absence d’embaumeurs royaux, on éviscéra et décervela le corps de Bertrand du Guesclin. Son corps fut ensuite baigné dans une mixture à base de vin et d’épices, mais on n’obtint pas l’effet escompté, un nuage de mouches suivit le cortège mortuaire, ils décidèrent de faire bouillir le corps dans un grand chaudron pour détacher les chairs du squelette de Bertrand du Guesclin. Le squelette et le cœur poursuivirent leur route vers la Bretagne jusqu'à ce que Charles V décide que les ossements du connétable soient déposés dans la basilique Saint-Denis. Son cœur seul parvint en Bretagne où il fut déposé sous une dalle du couvent des jacobins à Dinan.

Après cette période héroïque, les douves furent comblées, les remparts abattus et la Balluère devinrent une agréable demeure seigneuriale.

L’aile datant du XIVème siècle était composée de fenêtres à croix de pierre, la traverse est à mi-hauteur ou aux deux tiers de la hauteur selon la disposition héritée du XIVème siècle, autrefois divisée par un meneau. Cette aile composée d’une jolie tourelle en encorbellement et cette aile se termine par une petite tour du XIVème siècle, qui en son fond on a pu retrouver les oubliettes du château.
Au XVème siècle, le château est complété par une aile sensiblement perpendiculaire, on peut observer les traces de fenêtres à croix de pierre, ces baies sont des croisées, autrefois divisées par des meneaux.

Cet agrandissement du XVème siècle est flanqué par son milieu d’une tour à l’architecture originale, on peut observer un détachement suraigu travaillé, embrassant une tourelle en encorbellement, cette tourelle est un rappel architectural pour harmoniser l’aile du XIVème et cette du XVème siècle. Au milieu du XVIème siècle, la lucarne est un des éléments d’un répertoire décoratif renaissance. La lucarne de la Balluère est accostée de crossettes (petites extrémités recourbées) portant des ornements zoomorphes directement empruntés aux gargouilles de l’architecture renaissance, lucarne surmontée d’un pignon suraigu où on peut observer en son milieu le blason héraldique de la famille Mathurin de Launay.

Cette tour du XVème siècle abrite un monumental escalier hélicoïdal en pierre de Bernay, cette aile fut construite par Mathurin de Launay en 1470, issue d’une famille angevine de grande noblesse.

On peut observer sur la porte d’entrée XVIIIème, architecture typiquement XVIIIème, le bordage. La salamandre, celle-ci apparait aussi sur la tour du XVème siècle. Cet animal est l’emblème royal utilisé par François Ier ; il y en a surtout dans les châteaux de la renaissance à Chambord, certains affirmaient que le sang de la salamandre était tellement froid qu’elle pouvait éteindre le feu, chez les Égyptiens la salamandre signifiait « homme mort de froid », la salamandre de François Ier est accompagnée de la devise « nutrisco et extinguo » (je m’en nourris et j’éteins), les écritures disent que François Ier passa une nuitée au Château de la Balluère vers 1536.

Nous allons pouvoir visiter une partie du château, dans l’entrée principale du château, remanié au XVIIIème siècle, vous pourrez observer les armoiries Héraldiques de la famille de Launay, le blason de mathurin de Launay différait selon les branches, par quelques pièces ou la couleur des émaux.

Delaunay de la Balluère portaient les blasons « d’or au chêne de sinople accoté de deux aigles éployés, les têtes affrontées de sable, becqués et anglés de gueules ».

Vous pouvez observer aussi le Blason de Bertrand du Guesclin, redondance d’aigles becqués.

Les armoiries héraldiques de Bertrand du Guesclin « d’argent à l’aigle bicéphale éployé de sable becqué et membré de gueules, à la cotice du même brochant sur le tout ».

Nous allons pouvoir rentrer dans la tour qui abrite un escalier hélicoïdal, cet entourage de porte datant du XVème siècle, d’ornementation moulurée, ce porte-monument classé date du XVème siècle, la mouluration appliquée à cette porte comporte quelques dessins de rinceaux, le vantail pivote sur des gonds sans bâti dormant, à l’aide d’une penture en fer battu aminci et terminé en forme de fleur de lys. Les portes de communication d’époques XVIème siècle se distinguent par leur construction en linteau, toujours en arc brisé, plus visible de l’intérieur du vestibule du château.

Dans cette cuisine, vous pouvez observer une cheminée d’époque XIVème, remontant en forme de hotte dans le conduit, harangué d’un blason héraldique de la famille de Launay. Et le mécanisme d’une rôtisserie datant approximativement du XVIIème siècle.